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  • Maxime Loustalot

Jusqu'où peut nous entraîner la "désirabilité sociale" ?


Qu'est-ce-que la "Désirabilité Sociale" ?


La désirabilité sociale se définie comme étant un biais qui nous amène à vouloir nous présenter aux autres sous notre meilleur profil.

Le processus à l’œuvre dans le biais de désirabilité sociale agit tel un logiciel pour retoucher les photos. Il permet de manipuler son image, en créant un filtre qui nous met en valeur, en gommant nos défauts et en ajoutant éventuellement des éléments pour parfaire le tout.

Il peut s'agir d'une action menée en toute conscience mais pas forcément...


Le biais de désirabilité sociale peut également s'exercer de manière implicite et induire des mécanismes inconscients, qui opèrent dans notre rapport aux autres, mais aussi dans notre rapport à soi.

En effet, le fait de désirer "être désiré" socialement, nous amène à vouloir incarner ce que l'on pense que l'on attend de nous. Ainsi, nos choix et nos positionnements sont orientés par les valeurs et croyances de notre environnement social. Ce qui peut nous amener aussi à faire impasse sur certains de nos besoins afin d'être bien perçu socialement. Nous pouvons par exemple nous persuader d'aimer ou de détester quelque chose afin de pouvoir intégrer un groupe.

Nous nous créons donc une sorte de "masque social" qui rend compte du besoin d'être aimé par les autres. Mais enfiler ce masque implique de céder sur d'autres types de besoin; des besoins qui ne correspondraient pas à une image valorisée de soi.


Le biais de désirabilité sociale possède une fonction utile à la vie en société. Il nous permet de nous protéger du regard des autres et par là d'éviter les jugements, la stigmatisation, le rejet, l'humiliation, mais aussi les sentiments de honte et de culpabilité qui peuvent en découler. Néanmoins, tenter de se conformer aux attentes sociales peut induire une pression sur soi, qui nous amène à craindre le regard des autres et nous empêche de nous autoriser à être soi.



Pourquoi ne dit-on pas quand ça va mal ?


" - Bonjour, comment allez-vous?

- Très bien et vous? ... "


Les formules de politesse, anodines en apparence, rendent compte d'une pression sociale que nous entretenons au quotidien. En effet, il semble assez rare que l'on se saisisse de l'occasion pour communiquer son réel ressenti du moment.

Il est évident que tout ne peut pas toujours aller bien, mais est-ce-qu'on s'autorise à le dire quand c'est le cas? Cela va bien sûr dépendre de son interlocuteur. Il se peut que cela soit plus facile d'être honnête et de se confier à une personne avec qui on a un lien plus intime. Et après tout, nous avons parfaitement le droit de ne pas confier son intimité à tout le monde. Cependant, il est intéressant de se questionner sur ce phénomène et pourquoi nous le faisons, quel intérêt avons-nous à cacher que l'on va mal?

A-t-on donc le droit d'être soi en société, c'est-à-dire, d'exprimer que l'on va mal quand c'est le cas ?

En apparence rien ne l'interdit, pourtant il est conventionnel de répondre que "tout va bien" même quand ça ne va pas.

Cet exemple met en évidence le biais de désirabilité sociale à l’œuvre dans les conventions et coutumes qui cadre le lien social.

Le fait que nous ne nous autorisons pas à exprimer que l'on va mal démontre que l'on veut éviter de renvoyer l'image qu'aller mal suscite...

On intègre donc une injonction sociale : "il faut aller bien"! Dans cette dynamique, aller mal est alors perçu comme un échec dont on est responsable. Ne pas dire quand ça va mal prend fonction de stratégie d'évitement, un mécanisme de défense visant à nous protéger du jugement des autres.


Si le lien social nous pousse à vouloir présenter une image sans faille, les choses ont évolué ces dernières décennies: dépression, burn-out, trauma, addiction, phobie, stress... sont des termes de plus en plus reconnus du grand public. Aller voir un psy' devient acceptable, voire valorisé socialement.

Cela étant, un problème demeure dans son rapport à soi même. Le fait de ne pas toujours trouver de solution à son mal-être peut créer un sentiment d'échec et de culpabilité, entraînant aussi parfois un isolement social. Le problème n'est plus forcément d'accepter de dire que l'on va mal, mais plutôt que l'on arrive pas à dire "j'ai un problème mais pas de solution".

Même si cela peut parfois être difficile pour son égo, accepter d'être aidé permet l'expression et la compréhension de son mal être en vue d'y apporter une solution.


Maxime Loustalot - Psychologue Clinicien et Psychothérapeute



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​© Site Web créé en 2016 par Maxime Loustalot,Psychologue Clinicien et Psychothérapeute à Bordeaux.

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